Une nouvelle pathologie liée au monde du travail se développe dans les entreprises, le brown out. Cette expression anglaise veut simplement dire « baisse de courant », baisse d’énergie de courant psychique qui amène petit à petit chez les salariés à la démobilisation et à la démission de leur fonction. Ce thème a été théorisé en 2016 par Matt Alversson et André Spicer. La raison est le manque de sens dans les missions effectuées. Ces tâches à faire paraissent inutiles, voire néfastes, nuisibles au système, à eux, à leurs clients ou leurs collaborateurs. Par exemple : mentir, montrer une présentation clinquante pour hypnotiser son client….En effet, comment se sentir bien quand ce que l’on nous demande de faire manque de cohérence et est potentiellement destructeur

Comment se manifeste le brown out ?

3,2 millions de salariés français seraient concernés par ce burn-out ou épuisement professsionnel* et 30 000 seraient effectivement touchés**. Ces taux auraient doublé sur la période de 2017 -2018. Le brown-out en ferait partie. Ce désinvestissement au travail se ferait progressivement et en lien avec l’incompréhension totale des collaborateurs à faire telle ou telle action qui sont considérées comme absurdes, et qui souvent heurtent leurs valeurs personnelles. A force d’être dans cette absurdité, l’individu devient blasé, abattu, meurtri et finit par baisser les bras, démissionne, quitte l’entreprise ou reste mais tombe malade.

La capacité des individus à reconnaître leurs symptômes est cruciale pour une prise en charge précoce et efficace. Pourtant une étude menée par la start-up Moodwork montre que, pour un même salarié, l’évaluation issue d’une mesure objective est 23 % supérieure à celle d’une mesure subjective. Ce qui signifie que les individus sous estiment leur niveau d’épuisement professionnel.

Ce phénomène toucherait toutes les professions et tous les secteurs d’activité. Cette démobilisation lente et intense traduit un problème de fonds inhérent au monde de l’entreprise et au fonctionnement de ces dernières. Les très fortes pressions subies par les entreprises, la concurrence accrue, l’absence de collectif, l’organisation du travail plutôt défaillant, le manque de communication. Autant de facteurs qui favorisent le développement de ce phénomène. 

Il existe donc un écart entre connaitre et se reconnaitre dans cette situation. Si les raisons tangibles du brown-out et burn-out sont de plus en plus facilement identifiées, le décalage entre la perception et la réalité observé chez les personnes qui en souffrent demeure minime. 

* Source Technologia 2014 ** Source Institut de Veille Sanotaire 2018